Un regard en arrière

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NAMASTEEE !!

Cela fait maintenant plus d’un mois que nous sommes rentrés de notre périple au Népal, et nous avons pensé que le moment était venu de vous faire un petit récapitulatif de notre mission.

Nous sommes arrivés à Katmandu le 18 juillet dans la nuit, après dix-sept heures de voyage et une escale à Doha. Fourbus et fatigués, nous avons pris un taxi pour nous rendre au monastère PhunstokTcheuling, notre ultime destination. Ce bref trajet en taxi nous aura appris au moins deux choses : il n’y a jamais de ceintures à bord –si vous êtes chanceux et que vous tombez sur un taxi de luxe, vous aurez cependant une unique ceinture à l’avant pour le passager- et les chauffeurs peuvent confondre votre destination avec une autre, surtout si la destination en question est un monastère en plein cœur d’un quartier avec plein d’autres monastères identiques alentours.

Nous avons été accueillis très chaleureusement par GelekSamdup –le directeur de l’école- et par les moines adultes. La prise de contact avec les enfants a été assez rapide, et nous sommes parvenus à nous comprendre, malgré la barrière de la langue, par des signes de mains et des jeux. Ils sont de toute manière habitués à recevoir des étrangers, puisqu’Annick, la présidente de l’association Terre Pure avec laquelle nous collaborons, organise souvent des départs de volontaires français –si ça vous tente, le prochain départ est prévu pour fin octobre.

Au monastère, nos actions ont surtout été médicales. Les pathologies dont souffrent les enfants sont en majorité des infections cutanées (gale, teignes) ; mais ne possédant pas nous mêmes les connaissances nécessaires pour poser des diagnostics assurés, nous avons commencé par emmener plusieurs petits chez le médecin afin de leur acheter des médicaments. Tous les jours, nous avons assuré des permanences à l’infirmerie du monastère pour soigner les enfants de notre mieux. C’était toujours très amusant de les voir courir vers l’infirmerie et se pousser dans la queue pour passer en premier – en raison des coupures de courant, quotidiennes au Népal, nous avons été contraints d’assurer certaines de nos permanences à la lampe frontale. Les petits nous assistaient alors pour tenir les lampes ; ils étaient absolument ravis.

Nous avons aussi assuré tous les jours des cours d’Anglais pour tous les moines. Nous apprenions aux plus jeunes les animaux de la ferme, quand les grands (entre dix-huit et vingt-quatre ans) travaillaient l’histoire ou la géographie.

Après une dizaine de jours passés dans le confort du monastère, nous avons entamé la seconde partie de notre mission, en partenariat avec l’association népalaise DCWC. Nous avons donc roulé nos duvets, refermé nos sacs, et nous sommes partis pour Rajbas, un petit village de montagne à une centaine de kilomètres de Katmandu. Le trajet –qui devait initialement durer six heures- s’est avéré plus difficile que prévu en raison de la mousson ; le bus s’embourbait continuellement dans la terre, si bien que nous avons mis dix-huit heures pour arriver à bon port (dont la dernière heure consacrée à une petite marche nocturne sous une pluie diluvienne avec dix-huit kilos sur le dos).

La vie dans les villages s’est avérée plus reposante que celle au monastère, loin des klaxons et de l’agitation frénétique de Katmandu. Nous étions logés dans l’hôpital, et nous nous sommes immédiatement bien entendus avec le personnel médical –qui se limite en fait à deux médecins, cinq infirmières adorables et un pharmacien. Ayant une véritable Bretonne dans nos rangs (Elane), nous leur avons cuisiné de presque-véritables-crêpes bretonnes le dernier soir, dans leur petite cuisine –qui en fait n’a rien d’une cuisine, mais se trouve être l’endroit où ils font la cuisine tous les jours. Sur un feu de bois.

A Rajbas, nous avons aidé à la construction d’un petit temple –surtout les garçons en fait. Parce que porter des sacs de ciment de 50kg est une tâche dont le privilège revient tout entier à la gent masculine. Nous avons aussi participé au repiquage du riz avec les femmes du village et rangé l’hôpital construit par DCWC. Sur le plan médical, nous étions tous les matins à l’hôpital pour assister aux consultations ; et c’était toujours ahurissant de voir des patients arriver à l’hôpital après avoir marché pendant quatre heures dans la montagne.

Après une dizaine de jours sur place, nous sommes redescendus à Katmandu pour retrouver les enfants et le monastère, et surtout pour fêter l’anniversaire du GosokRinmpoche, le fondateur de l’école (il n’était pas là, bien sûr. Du coup on a pu manger sa part). A cette occasion, les enfants avaient quatre jours de vacances –c’est-à-dire qu’ils n’avaient pas cours et ne devaient pas s’habiller en tenue de moine- et nous en avons profité pour passer un maximum de temps et pour jouer avec eux. Toutes les bonnes choses ayant une fin, les vacances se sont terminées trop rapidement et les petits ont repris le chemin de leurs classes (et nous aussi).

En parallèle des cours que nous continuions à donner quotidiennement, nous avons aussilavé toutes les couvertures et tous les draps des enfantsavec l’aide de volontaires Taiwanais arrivés au monastère lorsque nous étions à Rajbas. Nous avons en outre financé l’achat de nouvelles couvertures, matelas, et contreplaqués pour les lits.

Concrètement, nous avons donné une partie de la somme que nous avions récoltée à DCWC. Nous avons demandé à ce que cet argent soit utilisé pour acheter des matériaux pour le petit temple –qui devrait être terminé d’ici l’an prochain- et pour des maisonnettes. Nous avons nous même utilisé une partie des dons pour emmener les enfants chez le médecin et pour des médicaments. Enfin, nous avons donné tout ce qui nous restait au monastère, pour que Terre Pure puisse acheter des fruits, des livres de cours et des vêtements chauds pour les enfants.

Nous avons vécu une expérience incroyable pendant ces cinq semaines au Népal. Nous avons eu le privilège immense de découvrir de l’intérieur ce pays et cette culture si particulière, en nous rendant par exemple dans un camp de réfugiés tibétains. Les Népalais sont tous très accueillants et généreux, et nous n’oublierons jamais les personnes que nous avons rencontrées.

Ce voyage n’aurait cependant jamais eu lieu sans vous, soutiens de la première heure, donateurs ou encore simples curieux. Tochiché (merci en tibétain) à tous.

Om Mani Padme Hung
Elane, Thibaut, Estelle, Martin, Alma et Elias.